Opuntia

installation, deux cactus, deux cartels, 45 briques, textes, 2016 / vue d’exposition Clos, Rencontres internationales de la photographie, CACP – Villa Pérochon, Niort

Les figuiers de Barbarie étaient utilisés autour de la Méditerranée comme un fil de fer barbelé naturel pour protéger les champs et les propriétés privées. J’ai vu beaucoup de ces plantes dissuasives autour des clôtures de la ligne verte à Chypre. En les étudiant, j’ai trouvé de nombreuses espèces cultivées un peu partout. Deux ont retenu mon attention, tout à fait similaires : l’une est cultivée au Texas et l’autre au Mexique. Les textes de l’installation mélangent, en cinq chapitres courts, des anecdotes historiques, des considérations botaniques et des récits de l’expérience de mon propre corps contraint face à ces zones « vertes ».
Extrait :

« 1. Le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite.

2. (…) Nicosia est littéralement coupée en deux : une ligne verte et sa zone tampon, séparent deux états au sein d’une même ville, minuscule, au milieu d’une île, pas si grande. Vous ne trouverez pas de carte touristique de la ville, vous en trouverez deux. À chaque partie sa moitié. Tout le no-man’s-land et sa green line est parcourue de fils barbelés, de vieux bidons d’essence, de sacs de sable, de murs. De drapeaux grecs et chypriotes d’un côté, turcs et Nord-chypriotes de l’autre. Des deux côtés, des panneaux « zone militaire » et « interdiction de photographier ». Des soldats qui s’ennuient. Et quelques vieux drapeaux de l’ONU qui ont perdu leur couleur bleue, et qui flottent, las, au milieu des bâtiments en ruine qu’on a laissés en l’état depuis 1974.

3. Le corps est contraint. (…) »

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